Samedi 31 janvier 2009
Après quelques mois de veille, me revoici à commenter la journée de mobilisation syndicale de jeudi dernier. Non que j'adhère aux revendications bien souvent égoïstes de la plupart des syndicalistes, mais parce que les commentateurs de cette journée sur tous les média avaient l'air de s'accorder sur un point: elle n'était pas que syndicale cette journée de mobilisation !

Bien sûr la sympathie des français à l'égard des grévistes et des manifestants comporte certainement une part importante de "moi aussi"; moi aussi je veux améliorer mon pouvoir d'achat, moi aussi je veux avoir le beurre et l'argent du beurre, moi aussi je veux le dernier portable à la mode... 

Mais apparemment ce n'était pas que cela. Les mots revenant le plus souvent dans les commentaires étaient "incompréhension" et "injustice", mais aussi , une perception nouvelle des causes de la crise; la perception des dérives consuméristes, individualistes et  égoïstes de ces trois ou quatre dernières décennies. Et au delà de cette perception, les prémices d'un nécessaire changement de valeurs et de comportements .

Ces dernières années avaient vu naitre une conscience des derives de nos sociétés, mais localisée au niveau des think tanks et des sphères intellectuelles. Seule la prise de conscience des effets néfastes de nos activités sur le climat, et de la nécessaire adoptation de nos comportements, semblait pour le moment avoir instillé les esprits de l'ensemble de nos concitoyens.  

La crise économique serait-elle, à l'instar des tempêtes et des ouragans, l'élément qui va éveiller la conscience d'un nécessaire changement des valeurs économique et sociales? Moins de consumérisme et plus de développement durable ? Moins d'égoïsme et plus d'humanité ? Moins d'injustice et plus de partage ?  Moins d'individualisme et plus d'ouverture aux autres ? 

Le chemin à parcourir est encore long car malgré le Grenelle de l'Environnement il ne me semble pas que le nombre de 4x4 joufflus diminue sur les routes. 

Il faudra encore bien du temps avant que chacun réalise que la solution n'est pas d'attendre que l'autre partage envers soi, mais au contraire qu'elle réside dans le fait de travailler plus et faire de efforts pour partager avec l'autre.  Alors seulement, et si ces efforts partagés sont justes, nous pourrons imaginer un changement radical de nos sociétés vers un avenir heureux.

En écrivant ces lignes, je ne peux m'empécher de penser, moi l'athée, aux enseignements religieux de mon enfance. La croyance est morte et bien morte (aucune chance de re-conversion tardive dans mon cas) mais à force de lectures et d'années je suis toujours surpris par l'évidence. Dans la plupart des préceptes de la plupart des religions ces principes de partage, d'ouverture, de tolérance et d'humanité sont mis en avant pour vivre ensemble le mieux possible.  Cela fait des milliers d'années que ces connaissances basiques sont connues de tous et cela fait des milliers d'années que l'Homme a du mal à les appliquer et à les enseigner. 

Ma religion à moi, c'est l'espoir que l'on y arrivera bientôt malgré tout.

Par Pierre - Publié dans : questions-de-pierre
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