Voilà un sujet intéressant. Que pourrait bien être la position du MoDem sur ce chantier au combien important ? J'utilise ici le conditionnel car s'il est une chose certaine à mes yeux
c'est que personne, et surtout pas son président, ne peut synthétiser pour le moment les orientations des militants ou sympathisants de ce Mouvement. Peut être d'ici quelques
mois...
Quoi qu'il en soit, la Réforme de l'Etat, puisque c'est de cela qu'il s'agit , fait pour l'instant bien peu de cas; et c'est dommage. A la décharge des rescapés du MoDem, il faut dire
que la lecture rapide du rapport publié le 4 avril dernier laisse dubitatif. Il semblerait qu'à l'instar du Grenelle de l'environnement cette RGPP ne soit guère qu'un peu plus de poudre aux yeux
des français.
Certe il y a bien la volonté affichée dans l'introduction de chacun des documents du site http://www.rgpp.modernisation.gouv.fr/,
de réformer l'état pour qu'il serve mieux les français en étant plus efficace: qui serait contre ?
Mais à lire l'inventaire à la Prévert des mesures annoncées, on a pas vraiment l'impression d'une révolution... et je vous fiche mon billet que ce n'est certainement pas comme cela que l'on va
réformer la France et lui donner les moyens de résister aux incertitudes du monde à venir.
A suivre
Et voila, les pages d'une première campagne municipale sont tournées. Notre résultat de 6,27% est mi-figue mi-raison dans une commune où le maire UMP sortant se voit réélire avec 69%. On
lui en a quand même piqué presque l'intégralité puisqu'il venait de presque 75% ;-)
Cela dit, à Pavillons sous Bois (93), puisque c'est de là qu'il s'agit, la campagne s'est déroulée dans une relative bonne ambiance et les scrutins aussi. Le
maire sortant (UMP donc) et les socialistes se sont bien échangés quelques amabilités mais rien de très sérieux. Pavillons fut conservatrice et le restera encore 6 bonnes
années...
Dans ce laps de temps, il nous faudra montrer que le Modem sera de plus en plus actif, fera montre d'initiatives intelligentes et ambitieuses et pourrait gérer tout aussi efficacement et
même mieux la commune. Ce ne sera pas suffisant pour conquérir la commune mais ce sont à coups sûrs des conditions nécessaires.
Ce qui fera la différence, c'est l'allant que nous saurons créer pour dynamiser la ville et entrainer avec nous ceux qui voudront la voir s'épanouir et s'humaniser. Le potentiel de
développement de la banlieue Est est là, la ville possède des qualités indéniables, elle est proche de Paris, bien connectée avec notre ligne T4... Il faut maintenant ne pas se contenter de
petits projets mais forger une dynamique avec les communes voisines.
Beaucoup de travail en perspective. Enthousiasmant en fait.
La découverte du monde politique avait déjà été une drôle de révélation; une représentativité quasi-nulle de la population à l'image du syndicalisme, un panier de crabe digne des plus grandes
criées et une usine à transformer les meilleures intentions en activités égotiques et de pouvoir.
Déterminé à continuer néanmoins, et encouragé par la rencontre, lors des journées de seignosses ou lors de la convention du Mouvement Démocrate, de très nombreux nouveaux adhérents
souhaitant eux aussi changer cet état des chose, je me trouve maintenant engagé sur la liste municipale démocrate "En Avant Pavillons".
L'idée étant qu'il faut bien faire exister ce mouvement dont j'espère toujours qu'il sera le coeur d'un renouveau politique français dans les années à venir.
Bref, me voilà maintenant qui découvre aussi la nature ambivalente et trouble des relations de nos concitoyens avec leurs élus.
L'élu local devrait normalement n'être qu'au service de ses concitoyens et électeurs pour une période limitée, ceci à l'instar des délégués de classe que l'on élit pour un an et à
qui l'on fait en général confiance. Ah, l'innocence de la jeunesse !
En fait, dès lors que la majorité en place s'avère comme à Pavillons sous bois, plutôt omnipotante, les choses se dégrade à la vitesse grand V. A Pavillons, le
sénateur-maire UMP actuel qui postule pour un troisième mandat consécutif à de très forte chance de se voir réélire confortablement. Pourquoi ?
Parce qu'il a un bon bilan? Certe il n'est pas si mauvais, mais n'est pas non plus exempt de tout reproche.
Parce qu'il représente le gendre idéal (si si, je l'ai entendu)? C'est vrai qu'il présente bien mais au bout de deux mandats peut être l'argument commence-t-il à faiblir.
Parce qu'il est maintenant aussi sénateur? Certainement, alors que paradoxalement il est bien moins présent sur le terrain depuis qu'il a endossé cette charge.
Parce qu'il porte un projet novateur? On attends toujours les propositions et à mon avis on ne verra pas grand chose parce que mettre en avant des projets porte un risque et que tant que prendre
ce risque ne lui est pas imposé...
En fait deux autres éléments qui me posent beaucoup plus de questions sont aussi à prendre en compte; la peur et la dépendance !
Une peur bien réelle et que j'ai touché du doigt (de la confidence devrais-je dire) plusieurs fois ces derniers jours. Peur de voir ses subventions réduites si l'on est à la tête d'une
association. Peur du qu'en dira-t-on. Peur d'effets négatifs pour ses demandes en mairie de quelque nature que ce soit. Peur de l'image même d'un prise de position politique.
Comme le dit le dicton, il n'y a pas de fumée sans feu et c'est ce qui m'inquiète. Bien sûr ces peurs sont certainement majoritairement infondées; mais le sont-elles toutes?
En l'occurence, tout ceci me persuade qu'il faudrait vraiment prendre des mesures radicales pour changer la vie politique, lui redonner son sens premier.
La toute première sera bien sûr le non cumul des mandats.
L'affaire qui secoue la Société Générale est surtout le révélateur des dérives de nos sociétés capitalistes dont on a franchement l'impression qu'elles ont perdu la tête.
Un économiste commentant ces évènements sur une chaine de radio nationale donnait le montant du PIB mondial : 32 000 milliards de dollars; autrement dit en très gros raccourci, le
montant des biens et services "tangibles" produits dans le monde par an.
Mais ce que je découvrais à cette occasion c'est le montant des produits financiers dérivés vendus sur la même période : 700 000 milliards de dollars... Ce sont 668 000 000 000 000 (!!!)
dollars de rien, échangés chaque année par des traders tout à fait respectables (enfin sauf 50 milliards bidonnés à la SG) pour le compte d'établissements financiers tout aussi
respectables...
Peu importe que ce soient des estimations, les ordres de grandeurs sont exacts... et si l'on songe que sur 32 000 milliards "réels", une très grande majorité ne fait pas l'objet
de produits dérivés, cela laisse perplexe sur l'immensité des échanges qui ne sont que spéculatifs, et rien d'autre !
Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi ne réagit-on pas ? Quelle catastrophe faudra-t-il pour que nos yeux se décillent ? Beaucoup évoquent de nécessaires régulations; mais personne
n'essaye vraiment d'en mettre en oeuvre... Il y a effectivement beaucoup de monde qui se sucrent sur ces 668 000 milliards de rien et qui ne verraient pas d'un bon oeil de perdre une partie
de leur juteux revenus; combien de banquiers, combien de capitaines d'industrie, combien de politiques et d'hommes de pouvoirs ?
Pour le moment je ne sais pas quoi dire de plus, sinon que comme j'en suis convaincu depuis des années, la taxe Tobin devient une urgence absolue... au moins comme première mesure en
attendant le réveil.